La réforme économique

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Alexandrie, 14 mars 2005 — Dr. Ismail Serageldin, directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie, a fait samedi 12 mars une intervention sur l’ « économie égyptienne ». C’est dans le cadre de la manifestation internationale qui a lieu actuellement au Caire sur la réforme économique, manifestation organisée en collaboration avec celle d’Alexandrie qui aborde le volet politique de la réforme mais plus spécifiquement arabe que Dr. Ismail Serageldin s’est exprimé.

En effet, il a indiqué en quelques points quelles étaient les difficultés présentes de l’actuelle économie égyptienne et la nécessité d’un réformisme rigoureux en la matière, réformisme qui a déjà été en partie appliqué dans le secteur public anciennement géré par l’Etat. L’épine principal du système est l’aggravation du chômage des jeunes, en effet les jeunes qui ont entre 19 et 25 ans sont au chômage à hauteur de 30% d’entre eux, en outre l’Etat n’offre que 360 000 possibilités d’emploi pour 890000 demandes. Le devoir du gouvernement serait en l’occurrence de pourvoir à 800000 demandes par an a-t-il continué. Pour atteindre un tel résultat, la croissance doit nécessairement passer de 3 (son niveau actuel) à au moins 7% annuellement, sinon on condamne chaque année 522000 jeunes au chômage. Pour se rendre compte de la tragédie que cela représente, c’est ainsi l’avenir d’un jeune qui à chaque minute sacrifié.

Dr. serageldin a ajouté que le problème de la réforme économique en Egypte pouvait s’expliquer en dix points principaux ; la réforme administrative qui agit dans les trois domaines suivants : la simplification des démarches administratives, leur clarification et enfin considérer les personnes impliquées dans l’action économique comme des sujets honorables.

Par ailleurs, l’efficacité et la rapidité en matière de juridiction économique. La réforme du système fiscal et douanier et les manières d’y parvenir. Aux pertes occasionnées par la baisse des impôts, il faut trouver une réponse financière qui tout en permettant à l’Etat de rentrer dans ses frais ne ralentisse pas par ailleurs l’activité économique globale. Une des mesures de première importance qu’il faudrait prendre selon Dr. Serageldin afin d’assainir les comptes de l’Etat tout en les renflouant serait de rationaliser le système bancaire et notamment d’adopter une politique cohérente en terme de politique monétaire. Accroître les exportations constitue pour l’Etat un moyen certain d’apports en devises et donc renforce l’équilibre de la balance commerciale. Etre performant comme pays exportateur implique que la production intérieure est considérable et de bonne qualité et par conséquent que le marché du travail est dynamique. Le dernier point qui doit en Egypte faire l’objet d’une véritable politique nationale ambitieuse c’est l’aide et la protection des populations défavorisées. Enfin, réalisation et suivi de toutes ces mesures représentent les conditions sine qua non de la réussite économique en Egypte, conditions qui pour l’heure ne sont pas remplies.

 
Dr. Ismail Serageldin durant son exposé   la table ronde


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